Éviter le blocage, agir pour la France
J’ai pris la décision de ne pas voter la censure du Gouvernement, tant que la France n’est pas dotée d’un budget.
Il y a quinze jours, j’ai soutenu la censure pour adresser un avertissement. Ce budget n’est pas celui que nous aurions défendu avec le Nouveau Front Populaire : c’est un mauvais budget. C’est pourquoi les socialistes ont voté contre, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat.
Pour autant, nous nous sommes battus pour en limiter les effets les plus néfastes. Nous avons ainsi obtenu l’annulation de suppressions de postes dans l’Éducation nationale, 1,2 milliard d’euros supplémentaires pour la santé et l’hôpital public, le maintien du remboursement des médicaments et des consultations médicales, ainsi que la réouverture des négociations sur la réforme des retraites.
Aujourd’hui la France a besoin d’un budget, aussi imparfait soit-il. C’est ce que nous demandent les responsables associatifs, les élus locaux, les TPE, les PME, les artisans, les agriculteurs, qui tous dépendent de la commande publique, actuellement à l’arrêt. La situation est devenue intenable.
Depuis le 1er janvier, la loi spéciale ne permet que le strict minimum : maintien des services publics et collecte des impôts.Cela signifie que l’État ne peut plus recruter d’agents publics, de stagiaires, d’apprentis, de volontaires en service civique, ni d’emplois aidés ou d’adultes-relais dans les quartiers populaires. Autant de contrats qui favorisent la formation et l’insertion professionnelle des jeunes, tout en étant essentiels au bon fonctionnement du secteur associatif et de l’économie sociale, solidaire et responsable.
Cela implique également l’absence de versement de subventions aux associations, aux entreprises en difficulté ou non pour reprendre une activité ou en développer une nouvelle. À terme, c’est toute l’économie qui plongerait, avec des milliers d’emplois menacés, notamment dans le BTP.
Face à cette impasse, je refuse d’aggraver la crise en censurant le Gouvernement avant qu’un budget ne soit adopté. L’intérêt des Français doit primer.
Dès que ces lois de finances seront définitivement adoptées, nous déposerons une motion de censure du Gouvernement au titre de l’article 49.2 de la constitution.

